introduction

J’ai commencé à dessiner vers l’âge de 13 ans. Cela faisait déjà un ans que j’avais quitté l’Iran avec ma famille pour Paris et me trouvais malgré moi isolé en raison de la barrière langagière.

En Iran j’avais grandi dans un environnement de révolution et de guerre. L’école publique que j’avais fréquenté durant la primaire était aussi empreinte d’une atmosphère d’après guerre. Les professeurs étaient d’anciens combattants et le pays était profondément endeuillé.

À mon arrivé en France, je me suis d’abord senti libéré du fardeau iranien mais très vite je me suis trouvé coincé dans un monde de silence. Mon passé devenu muet et mon avenir sans langage.

C’est dans ce contexte et à cause du besoin de communiquer que j’ai commencé à dessiner. Je me suis rapidement rendu compte que le dessin en tant que moyen d’appréhender le beau ne m’intéressait pas. Je me suis alors dirigé vers le dessin industriel. Mais encore une fois le dessin devenait un outil pour créer une forme qui devait répondre à des besoins (ergonomie, sécurité, production en série, etc..). C’est là où j’ai décidé d’inventer un type de dessin qui me permettrait de rendre visible les variations et fluctuations de mon imagination.

C’est la nécessité de communiquer qui m’a amené au dessin comme moyen d’appréhender le monde. Dans un premier temps, loin de me préoccuper des questions d’esthétiques, je me suis dirigé vers le dessin industriel. Mais une nouvelle fois le dessin devenait un outil pour créer une forme qui devait répondre à des besoins (ergonomie, sécurité, production en série, etc..). C’est à ce moment là que j’ai décidé d’inventer un type de dessin qui me permettrait de rendre visible les variations et fluctuations de mon imagination.

Pour ce faire, il me fallait créer un processus qui permette de transformer graduellement une idée globale en de petits fragments qui le caractérisent.

J’ai alors mis en place une grille verticale de petits rectangles d’environ 2.5 cm de côté ordonné en colonnes sur des feuilles A4. A l’époque, je me suis inspiré de différentes systèmes d’écriture tels que les écritures maya, les hiéroglyphes égyptiennes et l’écriture japonaise. Pour créer une circulations chronologique entre les dessins, j’ai décidé de décaler les colonnes les unes par rapport aux autres comme des briques dans un mur.

Depuis j’ai réalisé plusieurs centaines de milliers de dessins. Ce travail m’a permis de révéler le rythme et les variations des activités cognitives et les variations psychique de mon cerveau grâce à un jeu de signes et de formes issus de mon imagination.


- à lire : Interview de Melissa Unger

Photos : ©Shervin Shandiz