Il va crever ton bonzaï

Galerie Nivet Carzon

2013, Paris - FR

  • Vue de l’exposition Il va creuver ton bonzaï, galerie Nivet Carzon, 2013


  • huile sur toile, 27x35cm, 2013


  • huile sur toile, 46x54cm, 2013




Certes, le bonsaï incarne la cruauté du dépaysement, de l’immigration, de l’exil, et toute tentative biographique n’est pas à exclure dans l’organisation de ce martyre végétal. Mais ce qui doit nous éveiller ici, c’est la reconstitution du temps. En deux trajets : D’abord ou ensuite, le rapport entre chaque tableaux et leur modèle dépéri : une bonne blague, le temps. En circulant autour du bonsaï, vous coupez le faisceau qui relie le bonsaï moribond à chaque image de son passé. Votre ombre se projette sur chacune de ces abstractions temporelles que sont chacune des représentations figuratives de la plante.

Ensuite ou d’abord, les « vides cinétiques » entre chacun des tableaux : espaces nécessaires à l’illusion, fractions de temps mécanique durant lesquels les griffes de frères Lumière agrippent les perforations du tableau suivant. On cligne des yeux entre deux saisissements, et dans cette obturation, pensez que le peintre n’a plus peint, il a acheté ses pigments, monté son châssis, dormi, fait chauffer l’eau de son thé, observé le bonsaï, il a été un humain ordinaire, avant de s’y remettre, peindre, puisque c’est son rêve.

Extrait du texte de Christophe Donner pour l’exposition à la galerie Nivet Carzon.

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