Mélancolie de l’espace

Huile, acrylique et spray sur toile, 140 x 200 cm, 2015

Quelles que furent les raisons de la conquête spatiale et bien que l’Amérique incarnait dans ma tête de petit garçon en Iran, le pire ennemi ; qu’ils soit appelés cosmonaute (Russes), astronaute (Américains), spationaute (Français) et même taïkonaute (Chinois), c’est la sublimation par l’immensité de cette mission qui stimulait mon imaginaire.

L’immensité du passage d’un espace saisi (la terre) à un espace non saisie (la lune), tel qu’il est décrit par Condillac dans son Traité des sensations :

L’immensité se perçoit par le passage de l’espace saisie à des espaces non saisis.

Puis réévalué par Victor Cousin dans la quatrième leçon, intitulée Esthétique transcendantale de son Leçon sur la philosophie de Kant :

D’abord il ne faudrait pas dire percevoir, mais concevoir ; car on n’aperçoit pas ce qui n’a aucune forme déterminée, aucune limite ; on le conçoit. Ensuite ce n’est pas l’immensité que nous concevons mais l’espace immense : l’immensité est la qualité abstraite de l’espace. Mais peut-on dire que nous croyons concevoir l’espace immense ? Avons nous, oui ou non, la conception d’un espace infini, sans limite ? Telle est la question et non si nous croyons ou pas avoir cette conception.